Les églises Saint-François et Saint-Joseph

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L’église Saint-François.

Durant la première moitié du XIXe siècle, le besoin en main-d’œuvre des industries papetières et du cuir attire à Annonay des populations des campagnes environnantes. Le nombre d’habitants double pour passer de 5 550 en 1801 à 11 398 en 1846 (il atteindra 18 445 habitants en 1866). La taille des infrastructures existantes notamment de la seule église catholique et le nombre de prêtres attachés ne permet pas un accueil correct de ces nouveaux habitants à la foi fervente. Ce constat est fait par l’évêque de Viviers lors d’une visite pastorale en 1854. Au moins une deuxième paroisse catholique serait nécessaire. Il y aura deux créations : une dans chaque quartier industriel de la ville. La première, faisant l’unanimité, sera dédiée à saint François d’Assise en référence à l’ancien couvent des Cordeliers, un ordre crée par ce religieux. La deuxième, plus difficile à établir, sera située dans le quartier ouvrier de Cance et aura comme vocable saint Joseph, patron des ouvriers. Ces créations sont officialisées par des décrets impériaux datés du 29 mars 1856 pour Saint-François et du 28 juillet 1860 pour Saint-Joseph.

A partir de là, les catholiques annonéens se retrouvent en trois lieux suivant leur quartier : la collégiale Notre-Dame, église historique ; la chapelle des Cordeliers (à la place du Théâtre du bassin d’Annonay) et la chapelle de Trachin. Les deux chapelles citées ne sont que des lieux provisoires inadaptés. Deux églises de plus grande capacité doivent être construites. Pour les plans et devis on fait appel à des architectes locaux : Joseph Seguin (Saint-François) et Prosper Borione (Saint-Joseph) qui proposent des édifices de style néo-gothique « sobre et élégant » devenu tendance depuis la parution du roman de Victor Hugo Notre-Dame de Paris. On repère des terrains disponibles et bien situés dans chaque quartier. Des jardins sont acquis. Les travaux de construction débutent le 19 avril 1863 pour Saint-François et la consécration de cette nouvelle église a lieu le 12 août 1866. A Cance, la première pierre est posée le 15 mai 1870 et l’église est bénite le jour de la Toussaint 1872. Dans les deux cas, ces édifices sont l’œuvre d’entreprises annonéennes.

Progressivement ces nouveaux lieux de culte sont équipés de cloches (Saint-François : 1867, Saint-Joseph : 1892), d’orgues (Saint-François : 1876, Saint-Joseph : 1897), de statues, tableaux… Durant la première moitié du XXe siècle, la patrimoine de ces deux églises est enrichi : extension de l’orgue à Saint-Joseph (1912) ; rénovation intérieure (1926), ajout de cloches et d’une horloge (1933) à Saint-François.

Chaque paroisse catholique annonéenne fonctionne en autonomie durant toutes ces années. Après la Seconde Guerre mondiale, divers facteurs sociologiques entraînent des rapprochements progressifs pour aboutir à la fusion du 1er janvier 2003 et la création d’une paroisse catholique englobant Annonay, Roiffieux et les villages de la Vocance. A l’issue les autorités catholiques spécialisent l’utilisation cultuelle des églises d’Annonay. Saint-François devient un lieu de célébrations au quotidien et Saint-Joseph un espace de prière et d’accueil dédié aux arts et à la culture. Entre-temps les bâtiments ont fait l’objet de modernisation, de rénovation et de transformation intérieure (Saint-Joseph : 1965 ; Saint-François : 1982).

Eléments patrimoniaux intéressants

Au niveau de l’architecture, on remarque des fûts monolithiques et chapiteaux sculptés soutenant les voûtes et carrelage polychrome du chœur (Saint-Joseph) et le tympan sculpté du portail principal (« Le Christ dictant la Bonne Nouvelle aux évangélistes » ) et sol en mosaïque du chœur (Saint-François).

Dans les deux églises, les vitraux mettent à l’honneur le saint patron de chaque édifice, rappellent la présence d’institutions religieuses des deux quartiers, disparues ou non (commanderie Saint-Antoine, chapelles Saint-Claude des Aygas, Sainte-Claire… collège tenu par les pères de la Compagnie de Saint-Basile) ou évoquent des personnalités du XIX e siècle en particulier Etienne Frachon, maire à l’époque de la construction de ces deux édifices.

Les deux églises renferment chacune un orgue datant du XIX e siècle. Celui de Saint-François est signé Joseph Merklin (1819-1905), un concurrent direct d’Aristide Cavaillé-Coll auteur notamment du grand-orgue de Notre-Dame d’Annonay. A Saint-Joseph, l’orgue est issu de la maison Michel-Merklin (une émanation de l’entreprise de Joseph Merklin). Sa composition est à rapprocher de celui de l’église Saint-Roch de la ville de Saint-Etienne (Loire). C’est sans doute le plus intéressant des deux.

Les deux clochers abritent six cloches : quatre à Saint-François et deux à Saint-Joseph.

Dans ces lieux de culte se trouvent des copies de tableaux offerts par les pouvoirs publics, rappelant l’époque concordataire (1802–1905) : Piéta, offert par Napoléon III à la paroisse de Saint-François, L’Annonciation, présent de la Troisième République à la paroisse de Cance. A cela, s’ajoutent à Saint-François, deux scènes de l’Ancien Testament provenant de la chapelle des Cordeliers et un portrait : Saint François d’Assise.

Bien que de fonction identique, le mobilier liturgique est particulier à chaque église. A Saint-Joseph, nous rencontrons des éléments de différentes époques : ambon néo-gothique (XIX e siècle), Christ en croix de la première moitié du XXe siècle, autel contemporain aux lignes élancées et épurées (deuxième partie du XXe siècle). Le tout se marie harmonieusement avec l’ancien maître-autel néo-gothique en marbre polychrome des établissements Baussan & Bouvas de Bourg-Saint-Andéol constituant la décoration central du chœur. A Saint-François se trouve un ensemble contemporain installé en 1982 et réalisé par Philippe Kaeppelin (1918-2011) comprenant l’ambon, l’autel, la grande croix et la décoration de la chapelle du Saint-Sacrement. Son inspiration se trouve dans les éléments existants de l’église : buffet d’orgue et tympan du portail principal.

Sources : PASQUION S.- Petit aperçu historique sur les paroisses d’Annonay.- dossier disponible à la bibliothèque du Bassin d’Annonay.- 1995 – 2000.- 100 p. REVEIL (LE) Vivarais - Vallée du Rhône - Pilat.- Hebdomadaire local paraissant depuis 1944.- Numéros consultés : 12 septembre 2003 et 3 octobre 2003 (Articles D. Misery).


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