L’église Notre-Dame

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Photo S. P.

Visible de chaque entrée d’Annonay, l’église Notre Dame est un élément incontournable du paysage urbain. De part sa position géographique, son clocher est même un point de repère pour les cartographes. L’église Notre Dame de l’Assomption a été achevée par l’architecte annonéen Théodore Joly. De style néo-romano–byzantin, adaptant le plan d’une croix latine, elle remplace une autre église (désignée par le terme de collégiale dans ce texte) du même vocable, qui était située place de la Liberté. L’édifice, œuvre des architectes valentinois Rey et Allengry, a une surface de 1 095 m2 dont 815 m2 pour le chœur, la nef et le transept et 280 m2 pour les tribunes, ce qui lui permet d’accueillir facilement un millier de personnes. Elle est de ce fait la plus grande d’Annonay. Une crypte se situe sous la première travée de la nef. Le portail principal est abrité par le clocher lui-même formant ainsi un narthex typique des églises byzantines. L’élévation de la nef montre trois niveaux caractérisant le style roman : les arcades, les tribunes, et les fenêtres hautes. La nef est divisée en trois travées principales surmontées chacune par une coupole qui rappelle le style byzantin. Les tribunes sont soutenues par des piliers massifs, sur lesquels s’appuient les coupoles, et six colonnes de marbre gris. Elles s’ouvrent sur la nef par vingt–quatre ouvertures jumelées, celles–ci étant séparées par deux colonnettes de marbre gris. La nef est éclairée par six fenêtres hautes de trois ouvertures chacune. Le transept et le choeur reproduisent l’architecture de la nef de façon simplifiée. Des chapelles de style néo-roman s’ouvrent sur cette partie de l’église. La croisée est surmontée d’une tour lanterne caractérisant le style roman. La décoration, avec les peintures marouflées, rappelle les églises d’Orient. Elle s’inspire des Litanies de la Sainte Vierge, de la Bible, de vies des saints, de l’Histoire d’Annonay... Cinq peintres y ont travaillé : Luquet de Saint-Germain, Barbier, Rolland, Dejean et Bazin. L’entreprise Mella a réalisé le reste de la décoration (fausses pierres des piliers, motifs des murs du transept, etc.) Lors de la construction de l’église au début du XXème siècle, les responsables ont dû faire des choix en matière d’équipement intérieur : soit transférer l’ensemble du « mobilier » de la collégiale, soit « meubler à neuf » la nouvelle église. Un compromis a été trouvé, les éléments intéressants ont été conservés, ont parfois été modifiés ou ont changé un peu d’affectation et d’autres sont venus s’ajouter. Des éléments permettent ainsi de conserver des souvenirs de la collégiale détruite en 1913. Citons déjà quatre statuettes d’anges et les bustes-reliquaires de Saint Jean de la Croix et de Saint-Pierre d’Alcantara, classés Monuments Historiques et datant du XVIIème siècle.

- 584 : construction d’une église dédiée à Notre-Dame sur l’actuelle place de la Liberté.
- 1243-1254 : cette église devient une collégiale.
- 1562-1568 : destruction de la collégiale au cours des guerres de Religions.
- 1598-1609 : reconstruction.
- 1794 : fermeture de la collégiale. Elle devient une salle de banquets.
- 1801 : réouverture au culte et restauration.
- 1898 : la collégiale est désaffectée. Elle doit être démolie et remplacée par une autre église.
- 1904-1912 : construction de l’église actuelle, place des Forges.
- 1912 : remise au culte et bénédiction de l’église (28 juillet), bénédiction des cloches et de l’orgue (8 septembre).
- 1925 : pose des premiers vitraux.
- 1931 : construction de la chaire.
- 1932 : pose des vitraux de la nef.
- 1935-1944 : décoration de l’église (réalisation de peintures marouflées).
- 1954 : consécration de l’église (24 juin).
- 1965-1999 : modification totale du chœur pour être en accord avec les dispositions prises lors du Concile Vatican II.
- 2001-2002 : restauration des structures de l’édifice et de la façade principale.
- 2003 : l’église accueille la célébration d’inauguration de la paroisse catholique Sainte-Claire d’Annonay–Vocance (6 avril).
- 2012 : Festivités du centenaire de l’église (8 au 16 septembre).

Visite de l’intérieur

L’entrée s’ouvre sur l’ancienne table de communion (fin XIXème siècle). Les deux bénitiers en forme de grandes coquilles rapportées à Annonay à l’époque de la Malle des Indes (XVIIIème siècle).

La décoration de la nef évoque la royauté de la Vierge Marie proclamée dans les Litanies de la Sainte Vierge : Reine des Anges, Reines des Patriarches, Reine des Prophètes, Reine des Apôtres, Reine des Martyrs, Reine des Confesseurs de la foi, Reine des Vierges Reine de la Paix…. Elle est l’œuvre des peintres Dejean et Bazin.

L’orgue Cavaillé Coll a figuré à l’Exposition Universelle de Paris en 1878 avant d’être installé en 1880 dans la collégiale. Son transfert, en 1912, a été confié à Charles Mutin, successeur de Cavaillé Coll. A cette occasion, le buffet est refait à neuf en cyprès d’Amérique afin de l’harmoniser avec les lignes romanes de l’église et surtout de pouvoir introduire les grands jeux de 16 pieds qui ont été ajoutés. Propriété de la Ville d’Annonay, cet orgue a été classé Monument Historique par décret du ministère de la Culture le 24 novembre 1980.

Les vitraux représentent les grandes dévotions mariales et trois lieux de pèlerinages fréquentés par les catholiques annonéens.

Dans la chapelle de la Sainte Vierge se trouve la statue de Notre-Dame d’Annonay datant des années 1804–1805. La décoration, œuvre de Maurice Luquet de Saint-Germain, rappelle la christianisation et la dévotion envers Marie à Annonay.

Les peintures du transept illustrent les dévotions mariales à travers les siècles (auteurs : Dejean et Bazin). Les vitraux des rosaces célébrent Marie à travers les Litanies de la Sainte Vierge. Les vitraux des petites fenêtres représentent sa vie et les grandes fêtes mariales. L’autel de Sainte Anne provient de la collégiale. Le monument aux Morts rappelle le sacrifice de deux-cent-vingt–six Annonéens lors de la guerre de 1914-1918.

Sur les bas côtés, le Chemin de Croix, (huile sur toile) date sans doute du début du XIXème siècle. Les confessionnaux datent vraisemblablement du XVIIIème siècle et peuvent provenir de chapelles de couvents d’Annonay (Récollets, Cordeliers…). Les vitraux du verrier lyonnais Campagne rappellent la vie du Christ en y rattachant le souvenir de Marie. Le baptistère, avec sa sculpture représente Jésus recevant le baptême des mains de Jean–Baptiste et sa peinture murale (auteurs : Dejean et Bazin)

La chapelle de Saint-Joseph (œuvre des peintres Barbier et Rolland) célèbre le travail divin, humano–divin et, humain. On y découvre la représentation des rives de la Deûme et de la Cance mais aussi des différents corps de métiers présents à Annonay au XXème siècle : les constructions mécaniques, les tanneries et mégisseries, les papeteries, les industries textiles et le travail domestique.

La croisée du transept : l’autel, construit en 1895 par les Etablissements Baussan et Bouvas de Bourg–Saint–Andéol et ses bas reliefs représentent l’Assomption de Marie, Saint-Pierre et Saint-Paul. La mosaïque du sol représente le nom de Marie. Le bas-relief de l’ambon (1931) symbolise les quatre Evangélistes. Les statues des quatre Evangélistes sculptées en 1821 et celles de Saint-Pierre, de Saint-Paul et de deux anges adorateurs datent de 1830–1840. La tour lanterne comporte une inscription circulaire qui est un extrait de l’Evangile de Luc.

La décoration du chœur est signée Barbier et Rolland et rappelle le mystère de l’Assomption.

La décoration de l’abside rappelle le mystère de l’Eucharistie. L’orgue Ducroquet (1848) est classé monument historique. Sa console placée sur le coté gauche permet à l’organiste d’assister aux offices sans avoir à se retourner. Les stalles datent d’avant la Révolution.

Le clocher abrite cinq cloches fondues par la Maison Paccard d’Annecy le Vieux (Haute–Savoie) le 10 août 1912. Régis, le bourdon, donne un do grave, pèse 2 158 kg, avec un diamètre de 1,52 m. Marie–Cécile donne un fa, pèse 800 kg, pour un diamètre de 1,10 m. Sophie donne un sol, pèse 600 kg, et son diamètre est de 0,98 m. Augustine donne un la, pèse 420 kg, pour un diamètre étant de 0,88 m. Enfin, Marie donne un do, pèse 230 kg, pour un diamètre de 0,73 m.

Sources : PASQUION S.- Petit aperçu historique sur les paroisses d’Annonay.- dossier disponible à la Bibliothèque Médiathèque du Bassin d’Annonay.- 1995 – 2000.- 100 p.


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